Facturation électronique B2B vs B2C : comprendre les différences essentielles

Dans cet article

Vous facturez à la fois des entreprises et des particuliers ? Alors la distinction entre les deux doit être clairement établie dans votre logiciel de gestion. Ce n’est pas une question de confort, mais d’obligation légale.
Les règles ne sont pas les mêmes, les mentions obligatoires non plus. Et avec l’arrivée de la facturation électronique à partir de septembre 2026, cette différence devient structurante. Les factures B2B devront transiter par une plateforme agréée dans un format électronique structuré, tandis que les factures B2C continueront de circuler librement, avec une transmission des données via l’e-reporting.
Or, dans la pratique, de nombreuses entreprises mélangent encore clients professionnels et particuliers dans leur CRM. Résultat : des fiches incomplètes, des informations manquantes, et un risque bien réel de blocage au moment de la mise en conformité.

Cet article vous explique les différences concrètes entre facturation B2B et B2C, et les bonnes pratiques à mettre en place dès maintenant pour structurer vos fiches clients et éviter les mauvaises surprises.

Obligation de facturer : quand la facture devient-elle obligatoire ?

Commençons par la base : en B2B, la facture est systématiquement obligatoire. Toute vente de produits ou toute prestation de services entre professionnels doit être facturée, quel que soit le montant. Pas d’exception, pas de seuil minimum. Le vendeur doit la délivrer dès la réalisation de la vente ou de la prestation, et l’acheteur doit la réclamer

Face à un particulier, les règles sont différentes. Pour les prestations de services, une facture devient obligatoire dès que le montant dépasse 25 € TTC. Pour les ventes de marchandises, elle est obligatoire uniquement dans certains cas, notamment pour les ventes à distance (e-commerce, vente par correspondance…). Dans les autres situations, un simple ticket de caisse suffit. Depuis août 2023, l’impression systématique du ticket n’est d’ailleurs plus obligatoire.

En revanche, dès qu’un particulier demande une facture, vous devez la lui fournir, quel que soit le montant.

Mentions obligatoires sur les factures : ce qui change selon le client

La majorité des mentions obligatoires sont communes aux factures B2B et B2C : identification du vendeur (nom, adresse, SIREN, numéro de TVA intracommunautaire), date et numéro de facture, description des produits ou services, montants HT et TTC, taux de TVA applicable, conditions de paiement, etc.

La vraie différence se situe du côté des informations à renseigner sur le destinataire de la facture.

En facturation B2B

Lorsque vous facturez une entreprise, une association ou toute entité disposant d’un SIREN, vous devez obligatoirement faire figurer sur la facture :

  • Le numéro de SIREN ou de SIRET de votre client (9 chiffres pour le SIREN, 14 pour le SIRET)
  • Le numéro de TVA intracommunautaire, lorsque votre client relève de la TVA
  • La dénomination sociale exacte de l’entité juridique

Bon à savoir :
Pour vérifier ces informations, vous pouvez utiliser l’annuaire officiel des entreprises. Vous y trouverez le SIREN, le numéro de TVA intracommunautaire et surtout la dénomination sociale officielle, qui diffère parfois du nom commercial utilisé au quotidien. Cet annuaire servira également de référence pour l’annuaire de la facturation électronique qui permettra d’acheminer les factures vers les bonnes entreprises.

En facturation B2C

Lorsque vous facturez un particulier, les informations à renseigner sur le destinataire sont beaucoup plus limitées :

  • Civilité, prénom et nom
  • Adresse de facturation

Aucun numéro de SIREN, aucune TVA intracommunautaire, aucune dénomination sociale à vérifier. Cette différence structurelle conditionne directement la manière dont la facture est traitée dans votre logiciel.

Facturation électronique obligatoire : ce qui change en 2026

Facturation électronique : uniquement pour le B2B

La facturation électronique concerne exclusivement les transactions B2B entre entreprises assujetties à la TVA et établies en France.

À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en capacité de recevoir des factures électroniques. L’émission des factures électroniques deviendra obligatoire :

  • à compter du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI
  • à compter du 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises

Concrètement, les factures B2B devront :

  1. Transiter par une Plateforme Agréée (PA), immatriculée par l’administration fiscale pour assurer la transmission des factures électroniques
  2. Être transmises dans un format électronique structuré (par exemple Factur-X, UBL ou CII), et non sous la forme d’un simple PDF
  3. Contenir l’ensemble des informations obligatoires pour être acceptées par le système

Les nouvelles mentions obligatoires avec la réforme

Dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, quatre informations complémentaires deviennent obligatoires :

  • Le numéro de SIREN du client
  • L’adresse de livraison des biens, lorsqu’elle est différente de l’adresse de facturation
  • La nature des opérations : livraison de biens, prestation de services, ou combinaison des deux
  • L’option pour le paiement de la TVA sur les débits, le cas échéant, avec la mention : “Option pour le paiement de la taxe d’après les débits”

Si ces informations sont absentes ou mal renseignées, la facture pourra être rejetée lors de sa transmission. C’est la raison pour laquelle certains logiciels de facturation commencent déjà à bloquer la validation de factures B2B incomplètes : l’objectif est d’anticiper la réforme.

Les factures B2C ne passent pas par ce circuit. Elles peuvent toujours être envoyées par email en PDF, imprimées ou transmises selon les pratiques actuelles.

E-reporting : B2C et transactions internationales

L’e-reporting concerne les transactions B2C ainsi que les opérations réalisées avec des clients ou fournisseurs situés à l’étranger.

Il ne s’agit pas de transmettre la facture elle-même via une plateforme agréée, mais de communiquer périodiquement à l’administration fiscale les données de transaction : montants, TVA, dates, nature des opérations, etc.

Dans la pratique, cette transmission est généralement prise en charge automatiquement par votre logiciel de gestion.

Logiciel de facturation : gérer deux circuits selon le type de client

Cette coexistence entre facturation électronique et e-reporting implique que votre outil de facturation sache gérer deux circuits parallèles, en fonction du type de client.

Pour un client professionnel, le système doit notamment :

  • Vérifier la présence de toutes les informations B2B obligatoires (SIREN, TVA intracommunautaire, dénomination sociale, adresse de livraison si nécessaire, nature des opérations, option TVA sur les débits le cas échéant)
  • Générer un format de facture structuré conforme
  • Préparer la transmission vers une plateforme agréée

Pour un particulier, le processus reste plus simple : la facture est créée et transmise librement. En revanche, les données associées à ces transactions devront alimenter l’e-reporting afin de donner à l’administration une vision globale de l’activité.

La distinction entre clients professionnels et particuliers devient donc importante : c’est elle qui déclenche le bon traitement dans votre logiciel.

Gérer clients professionnels et particuliers dans incwo

Pour appliquer automatiquement les bonnes règles, incwo distingue deux types de fiches dans son CRM.

Clients professionnels : la fiche “Société”

Depuis le menu CRM > Sociétés, vous créez une fiche pour chaque entreprise cliente. Elle doit contenir :

  • La dénomination sociale officielle
  • Le numéro d’immatriculation (SIREN ou SIRET)
  • Le numéro de TVA intracommunautaire
  • L’adresse du siège social

Astuce : vous pouvez rattacher vos contacts (les personnes avec lesquelles vous échangez) à cette fiche Société, afin de conserver à la fois les informations légales et les coordonnées opérationnelles.

Clients particuliers : la fiche “Contact”

Depuis le menu CRM > Contacts, créez une fiche pour chaque client particulier, contenant :

  • Civilité, prénom et nom
  • Email, téléphone
  • Adresse personnelle

Les erreurs à éviter

Erreur N°1 : Créer une fiche “Société” pour un particulier

C’est l’erreur la plus fréquente. En créant une fiche Société au nom d’un particulier, le logiciel exigera automatiquement un numéro de SIREN.

Solution : supprimer la fiche Société et créer une fiche Contact.

Erreur N°2: Reporter la saisie des SIREN des clients professionnels

Attendre l’échéance de la réforme expose à un rattrapage massif et bloquant.

Solution : vérifier et compléter progressivement les informations légales de vos clients professionnels, dès aujourd’hui, au fil de l’eau.

Erreur N°3 : Utiliser une dénomination sociale approximative

Un nom commercial courant ne correspond pas toujours à la dénomination juridique officielle.

Solution : toujours vérifier la dénomination exacte dans l’annuaire officiel des entreprises.

En résumé : B2B ou B2C, les points à retenir

Facturer une entreprise ou facturer un particulier ne répond pas aux mêmes règles. En B2B, la facture est systématique et très encadrée ; en B2C, les obligations sont plus souples. Avec la facturation électronique obligatoire à partir de 2026, cette distinction devient structurante : les factures B2B devront transiter par une plateforme agréée dans un format structuré, tandis que les factures B2C continueront de circuler librement, avec une transmission des données via l’e-reporting.

L’essentiel consiste à bien organiser vos fiches clients dès maintenant, en distinguant clairement Sociétés et Contacts, et à compléter progressivement les informations légales de vos clients professionnels. Vous éviterez ainsi les blocages et serez prêt le moment venu.

Des questions sur la facturation électronique et la gestion de vos flux B2B/B2C ? Contactez nos équipes, elles vous accompagnent dans la préparation de la réforme.

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